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Apparition

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les avis de Cinemasie

2 critiques: 3.25/5

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18 critiques: 2.94/5



Yann K 3.5 Des surprises, en premier lieu Jun Ji-hyun
Xavier Chanoine 3 Mélange des genres pour un film à part.
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Des surprises, en premier lieu Jun Ji-hyun

The Uninvited est formellement déconseillé aux spectateurs qui voient les films pour y trouver des réponses et s’emmerdent dès que le plan ne leur dit pas en une seconde quoi penser : «aie peur, rit, réfléchit, digère la solution, maintenant pleure». Le film est décrété naze parce qu’il ne correspond pas au produit demandé. On peut à l’inverse être ravi par la somme de surprises et de qualités que renferme ce premier film et réalisé par une femme. Cette dernière précision éclaire différemment l’obsession de l’infanticide qui parcoure le film. Rares sont les premiers long métrages aussi culottés, et la critique coréenne ne s’y était pas trompé, voir ainsi l’article de Darcy Paquet sur www.koreanfilm.org. Lee Su-yeon pousse l’ambition un peu trop loin mais il est louable d’avoir tenté quelque chose d’unique, de fort, un film qui aligne de longs plans sur plus de deux heures dans une ambiance glauquissime, avec très peu de musique, bâti autour de deux acteurs en total contre emploi. Bref, moi je défendrais toujours plus le film qui a risqué la plante (et d’ailleurs a foiré sa sortie) que celui qui a eu peur de se mouiller. A quelques exceptions près, The Uninvited n’a pas les tics –surtout sonores- du cinéma d’horreur américano-coréen. Plusieurs histoires sont menées ici à la fois, avec un grand brio, entrecoupées de flashs (« back » ou non) harmonieux. Il faut aussi reconnaître ces plans majestueux, parfois un peu pompeux, mais certains vraiment fabuleux.

Dans la stylisation horrifique, Lee Su-yeon est bien plus fine et imaginative que Park Ki-young (Acacia). D'accord, comme lui, il lui arrive de se regarder filmer, faiblesse de jeune premier(e) de la classe. Quel est l’intérêt par exemple de faire un dialogue à grand renforts de travellings latéraux? Ses décors sont aussi dans la mode glacial-chic menée par Park Chan-wook. Mais pour un premier film rappelons-le, cela reste plus intriguant que bien d’autres.

Quand à l’histoire, ou plutôt le très étrange défilé d’enfants tués qui devient abstrait à force d’insister, il est évident que The Uninvited ne raconte pas "qui a tué, qui a été tué", mais pourquoi des personnages sont à ce point hantés par des visions aussi raffinées dans l’atroce. Ils descendent dans la folie furieuse et vont trop loin pour être capable de rester humains, de s’aimer car pourtant ils partagent les mêmes peur. Ils croient chacun ce que raconte l’autre et c’est ce qui les tirent vers le fond. Dans un beau dialogue avant la fin, ils s’accusent mutuellement de s’embrouiller l’esprit. Tu m’étonnes!

C’est vrai que certains moments sont abscons, ainsi cette discussion surréaliste sur la pluie et les parapluies dans la voiture. The Uninvited laisse quand même une impression cohérente d’un monde déserté par l’innocence, où les deux adultes auraient besoin d’enfants pour introduire de la joie simple. Cela rappelle Seance et sa question bête : au fait, pourquoi ce couple n’a t-il pas d’enfants ? Le titre coréen, « Une table pour quatre », donne peut être une bonne lecture du film et explique notamment toutes les histoires autour de la table qui, cassée, devient un trou béant. C’est finalement le titre anglais qui est incompréhensible, même si joli dans l’idée, et passons sur le titre français en dessous du banal, c'est carrément rien: combien de films d'horreur s'appellent déjà "Apparition"?

« Une table pour quatre », donc, est enfin étonnant pour Jeon Ji-hyeon, que l’on soupçonnait bien avoir de malignes ressources sous ses airs de petite starlette. Là elle remet en question sa beauté (elle est presque moche dans son imper) et alterne convulsions d’horreur et impassibilité de démente glaciale. Vraiment, si on prend cette table du bon côté, comme une boite à surprises, aucun risque de s’endormir dessus.



25 mars 2005
par Yann K




Mélange des genres pour un film à part.

Jusqu'où peut-on filmer le morbide? Lee Su-Yeon n'en a que faire. Cette dernière passe son temps à filmer séquences glauques sur séquences glauques avec une complaisance vraiment reprochable. Un contraste qui crée forcément un déséquilibre avec la belle mise en scène contemplative à l'extrême, faites de plans recherchés comme certains inutiles, dans l'optique de créer une fausse tension à mi-chemin entre le baroque et le salasse. Baroque pour la photo et l'ambiance générale, salasse pour ces scènes infanticides filmées premier degré. Rien de bien choquant, simplement Apparition n'en avait pas particulièrement besoin pour amener le spectateur dans les abysses d'un scénario travaillé mais délicat à appréhender. Les pistes se multiplient, vraies comme fausses, tout simplement parce qu'à l'image de ces personnages, le film de Lee Su-Yeon est malade, névrosé et paranoïaque.

Le spectateur pourra d'ailleurs se sentir perdu au milieu du malaise des différents couples (Yeon et son ex-mari, Jeong-Won et le Père de l'église...) et des nombreuses séquences au tribunal, intéressantes mais faites de chuchotements. Il faut être en forme car on chuchote dans Apparition, et l'on sépare ses mots par de vrais temps morts. Comment rattraper ces moments d'errance et de contemplation abusifs? Aucune idée, Apparition c'est un thriller fantastique plutôt bien joué et courageux (Jun Ji-Hyeon à des années lumières de son rôle de fille zinzin) doté d'un niveau de relecture particulièrement dense, une vision supplémentaire s'avérant nécessaire pour y déceler toutes ses subtilités. Seul problème, qui en aura le courage ou l'envie?



20 mars 2007
par Xavier Chanoine


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